La (Re)Construction du Monde

Aide. Solidarité. Politique.

 

Conférence en ligne du 12 au 14 février 2021, avec Achille Mbembe, Susan Buck-Morss, Rita Segato, Ulrike Herrmann, Sandro Mezzadra, entre autres.

Une conférence non seulement sur l'état misérable du monde, mais aussi et surtout sur les possibilités de sa reconstruction en un lieu dans lequel il vaudra enfin la peine d‘y habiter. Suite ...

Participation / Registration


Speakers

Programme

The program for February 12-14, 2021 will be continuously supplemented and updated. All times are in Central European Time (UTC+1). With your conference registration you will receive details about the schedule.


Vendredi 12 février 2021

17:00 – 17:30

Présentation de la conférence en ligne
medico international

Perspectives on the world from the point of view of aid"

The (re-)construction of the world" deals with aid in so far as it opens up particularly powerful experiences and thus a deeper understanding of its present state. Haiti and Moria serve as examples to illustrate how our world is actually constituted today and what it could become tomorrow. These two islands are "hot spots" of present and future world history.

17:30 – 18:30

1. Le cas d’Haïti
De la révolution haïtienne et de sa disparition de l'idée d'universalité – Réflexions sur une œuvre de destruction

Avec :
Mark Schuller (anthropologue, Chicago)
Raoul Peck (cinéaste, Paris/ à confirmer)
Katja Maurer (medico international, Francfort)
Animatrice : Andrea Steinke (Center for Humanitarian Action, Berlin)

La révolution de 1804 a fait d'Haïti un élément essentiel de l'histoire de la modernité. Par conséquent, une compréhension de l'universalisme libéré de son caractère eurocentrique exige de se souvenir explicitement de cette révolution et de la longue histoire de sa suppression de la mémoire historique contemporaine.

18:30 – 18:45Pause
18:45 – 19:45

2. Le cas de Moria
Privés de leurs droits et dégradés en objets d'aide humanitaire : Les réfugiés aux frontières de l'Europe

Avec :
Maximilian Pichl (juriste, Francfort)
Shirin Tinnesand (Chargé des relations publiques, Stand by me Lesvos, Mytilini)
Jean Ziegler (Sociologue, Genève)
Animatrice : Ramona Lenz (medico international, Francfort)

Le camp de réfugiés de Lesbos près de Moria, aujourd'hui incendié, est devenu un symbole de la politique de réfugiés échouée de l'Europe. Les réfugiés sont systématiquement privés de leurs droits, puis dégradés en objets d'aide humanitaire. Un conglomérat flou de gestion des migrations, de politique de sécurité et de pitié a été mis en place aux dépens des droits de l'homme, tandis que l'aide n'a guère pu améliorer la situation sur le terrain, même après des années. Des espaces sans structures démocratiques et d'État de droit sont créés, dans lesquels le régime d'aide, ainsi que le dispositif sécuritaire, prennent le contrôle.  Mais comment se peut-il que des ONG de toute l'Europe collectent des fonds sous la bannière de "Moria" sans que la situation de seulement quelques milliers de personnes sur le terrain ne s'améliore sensiblement ? À quoi devrait ressembler une aide qui permette également de lutter contre la privation de droits que subissent les réfugiés ?

Pour clôturer la journée
20:00
rencontre virtuelle


Samedi 13 février 2021

10:00 – 10:30

Coup d’envoi et résumé de la veille
Fondation Friedrich-Ebert

Conferénce 1
10:30 – 11:05

De la détresse d’être interdit de croître davantage
L’état global du capitalisme devant l'effondrement écologique planétaire

Ulrike Herrmann (auteure, taz, Berlin)

La crise écologique peut uniquement être abordée dans le cadre de la transition vers une économie post-croissance. Or, cette transition ne peut être qu'une sortie du capitalisme, qui doit se développer au prix de sa disparition et de la nôtre. C'est donc aussi et justement dans le Nord global qu'il faut chercher et trouver la sortie et la transition : "Si l'humanité veut survivre, les pays industrialisés doivent réduire leur consommation". (Herrmann)

Débat
11:05 – 12:05

Écologie et transformation
Ce que les limites de la croissance et une transition vers l'après-croissance exigeront de nous

Avec :
Ulrike Herrmann (auteure, taz, Berlin)
Luisa Neubauer (militante écologiste, Fridays for Future, Berlin/ à confirmer)
Vanessa Nakate (militante écologiste, Fridays for Future, Kampala/ à confirmer)
Animateur : Florian Schwinn (auteur, Hambourg)

12:05 – 12:25Pause
Conferénce 2
12:25 – 13:00

De la nécessité et du désir de partir et d’y arriver
État global du capitalisme postcolonial

Sandro Mezzadra (politologue, Bologne)

Le capitalisme mondial est "postcolonial" parce qu'il est né de l'exploration coloniale du monde. Or, notre monde et notre histoire sont aussi postcoloniaux parce qu'ils sont issus en même temps des nombreuses résistances à la colonisation et à la capitalisation. De ces expériences ressortent des "possibilités tendues et conflictuelles" qui, tant au sein et qu’en dehors de leur postcolonialité, peuvent tracer des chemins "vers une nouvelle habitabilité du monde". (Mezzadra)

Débat
13:00 – 14:00

La mondialisation capitaliste et la traversée des frontières
La mondialisation du monde, la provincialisation de l'Europe et le choix auquel l'Europe est confrontée

Avec:
Sandro Mezzadra (Politologue, Bologne)
Moussa Tchangari (activiste des droits de l’homme, Alternative Espaces Citoyens, Niamey)
Animateur : Massimo Perinelli (Fondation Rosa Luxemburg, Berlin)

14:00 – 15:00Pause
Débat
15:00 – 16:00

Transformer l'aide – refléter les rapports de pouvoir inégaux
L'aide a-t-elle un effet stabilisateur sur notre ordre mondial avec ses risques systémiques ? L'aide n'est-elle que l'expression d'une incapacité globale à mettre en œuvre les changements nécessaires à la transformation du système ?

Avec :
Amy Padilla (Aktivistin, IBON international, Quezon City/ à confirmer)
Barbara Adams (conseillère politique, Global Policy Forum, New York City/ à confirmer)
Martin Tsounkeu (activiste, Africa Development Interchange Network, Yaoundé/ à confirmer)
Animatrice : Elisabeth Bollrich (Fondation Friedrich-Ebert, Berlin)

16:00 - 16:15Pause
Conferénce 3
16:15 – 16:50

Du besoin et du désir d'être connecté
État global du capitalisme patriarcal

Rita Segato (anthropologue, Buenos Aires)

Les mouvements féministes en Amérique latine sont plus intenses que jamais. Leurs luttes permettent d’appréhender en profondeur les relations hommes-femmes qui nous dominent et ancrent la critique du capitalisme mondial dans une critique encore plus profonde et large du patriarcat mondial. Ces mouvements révèlent ainsi non seulement la complexité des crises qui nous assaillent, mais aussi de nouveaux "projets de connexion" (Segato) au travers desquels nous pouvons les surmonter et nous libérer de leur emprise.

Débat
16:50 – 17:50

La révolte féministe, en proie à la concurrence
Capital, patriarcat et nouveaux couloirs vers une "révolution pour la vie"

Avec :
Rita Segato (anthropologue, Buenos Aires)
Eva von Redecker (philosophe, Berlin/Brandenbourg)
Animatrice : Uta Ruppert (Politologue, Francfort)

Pour clôturer la journée
18:00
rencontre virtuelle


Dimanche 14 février 2021

11:00 – 11:30

Coup d’envoi et résumé de la veille
Fondation Rosa-Luxemburg

Conferénce 1
11:30 – 12:05

De la nécessité et du désir de réparer le monde
Conditions préalables à une conscience planétaire

Achille Mbembe (philosophe politique, Johannesbourg)

Si la réparation et la restauration de ce qui a été sont des conditions préalables à la "montée vers l'humanité", alors la politique est un dialogue de sujets égaux dans la lutte pour un monde "libéré du fardeau de la race", mais donc aussi du capital (Mbembe). La voie ainsi que l'objectif d'une telle politique réside dans la mondialisation des droits, qui ont toujours été revendiqués comme des droits universels, mais qui, au départ, ont toujours été appliqués de façon exclusive, c'est-à-dire comme des privilèges racialisés.

Débat
12:05 – 13:05

Réparation et restaurations
Une perspective du Sud global et du Nord global

Avec :
Achille Mbembe (philosophe politique, Johannesbourg)
Yvonne Adhiambo Owuor (écrivaine, Nairobi)
Sabine Hark (sociologue, Berlin)
Animateur : René Aguigah (journaliste, Deutschlandradio Kultur, Berlin/ à confirmer)

13:05 – 14:30Pause
Conferénce 2
14:30 – 15:05

De la nécessité et du désir de (re-)faire l'histoire du monde
Une justification historico-philosophique de la possibilité d'universalisme

Susan Buck-Morss (philosophe politique, New York City)

Si une politique d'universalisation des droits ne peut que rendre l'histoire universelle, c'est-à-dire mondiale, alors l'égalité de tous les sujets du monde qu'elle recherche ne doit pas être conçue comme l'égalité de leurs "cultures". Il faut au contraire qu'elle soit façonnée comme l'histoire du monde, qui passe par ses propres fractures, y est toujours relancée, et donc progresse en permanence, "malgré les cultures et toutes leurs différences" (Buck-Morss) : de fracture en fracture.

Débat
15:05 – 16:05

Les révolutions d'aujourd'hui
Un bilan à mi-parcours critique des récentes révoltes

Avec :
Susan Buck-Morss (philosophe, New York City)
Pierina Ferretti (sociologue, Santiago du Chili)
Saeed Al-Batal (cinéaste, Berlin)
Animateur : Mario Neumann (medico international, Francfort)

16:05 – 16:15Pause
Débat
16:15 – 17:15

Révolution des droits de l'homme
Ébauche d’un programme

Avec :
Wolfgang Kaleck  (avocat, ECCHR, Berlin)
Rodrigo Mundaca (militant écologiste, Valparaíso)
Animateur : Thomas Seibert (medico international, Francfort)

Conferénce
17:15 – 17:55

La société mondiale au devenir
Lignes d'une mondialisation fondée sur la solidarité

Thomas Gebauer (psychologue, fondation medico international, Francfort)

17:55 – 18:00Pause
Panel de clôture
18:00 – 19:30

La responsabilité de l'Europe
Ce qui doit être fait

Avec :
Mark Heywood (journaliste et activiste de la santé, Johannesbourg) : Plus qu'une justice distributive du vaccin
Miriam Saage-Maß (avocate, ECCHR, Berlin) : Le droit mondial au lieu de la responsabilité des entreprises
Milo Rau (créateur de théâtre, Gand) : Le politique a besoin d'un autre langage
Vanessa Eileen Thompson (sociologue et activiste, Francfort/Oder): L'abolitionnisme comme (re)construction du monde
Animatrice: Katja Maurer (medico international, Francfort)

 


Aide. Solidarité. Politique.

"Le politique à notre époque doit partir de l'impératif de reconstruire le monde ensemble. Pour que l'idée de décolonisation à l'échelle planétaire ait une quelconque valeur, elle ne peut pas partir de l'hypothèse que je suis plus pur que mon voisin."
Achille Mbembe

De nombreuses crises se cumulent actuellement en une crise mondiale, qui se condense dans la pandémie du coronavirus. L’effondrement de l'ancien ordre mondial et des structures supranationales, la pénétration de l'économie dans tous les domaines de la vie, le retour d'un État-Nation autoritaire, la crise climatique et la capitulation de la politique - le virus résume tous les symptômes de cette crise. La crise mondiale devient inéluctable et tangible là où la survie de milliers, parfois même de millions de personnes dépend de l'aide qui leur est donnée ou refusée. Dans quel genre de monde vivons-nous lorsque l'aide ne fait que stabiliser un ordre mondial qui a lui-même de plus en plus besoin d’aide? Et : Quel est ce monde dans lequel l'aide n'est qu’uneexpression de l'incapacité à le transformer et le rendre meilleur ?

L'aide doit aujourd'hui témoigner du monde dans lequel elle intervient et ainsi, rendre compte à elle-même et aux autres de ses propres expériences et actions. Nous voulons mettre ces expériences au service de la discussion politique. Loin de se cantonner sur la crise, le but doit toujours être de la résoudre ou tout au moins, de l’essayer. Nous savons, après tout, que ces tentatives de solution doivent être globales et totalement inclusives si l’on veut qu’elles soient justes et durables. La première question à laquelle nous devons tous répondre est comment mettre fin à une politique susceptible de supprimer la politique, car une telle politique renoncerait à traiter les problèmes mondiaux et instrumentaliserait l'aide comme une poubelle dans laquelle on évacuerait les ravages mondiaux du capitalisme.

La discussion de l'expérience acquise dans le cadre de l'aide à l'échelle mondiale flaire les prémisses d'une politique de renouveau, pratiquant la solidarité comme en témoignent les manifestations mondiales pour la justice climatique, les mouvements féministes et antiracistes transnationaux, les soulèvements locaux pour la démocratie, les droits de l'homme et une vie digne. Sur cette base, notre conférence "La (re)construction du monde" vise à déterminer la corrélation entre aide, solidarité et politique en s'inspirant de la promesse que nous nous sommes faite dans la Déclaration des droits de l'homme : celle d'un ordre mondial et social dans lequel les droits qui nous sont accordés à tous seraient pleinement réalisés.

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Mitveranstalter:innen/Co-Organizer