Mexique

Autonomie et santé

20 oct. 2026   Temps de lecture: 3 min  
#clinica para todxs 

Les communautés zapatistes ont commencé la construction d'une clinique. medico les soutient.

La santé est un droit humain – qui est loin de s’appliquer à toutes et à tous. Dans le Sud du Mexique, région marquée par la pauvreté et le racisme, les conditions de vie précaires se reflètent dans la prise en charge de la santé par l’État : manque de médecins spécialistes, de longues attentes avant d’obtenir un rendez-vous médical,  prise en charge médicale insuffisante, des infrastructures vétustes et absence de cliniques dans les zones rurales de Chiapas.

En raison des barrières linguistiques dans le Chiapas, où la population est majoritairement autochtone, les maladies ne peuvent souvent pas être correctement diagnostiquées. Les partenaires de medico font état d’erreurs médicales très graves, parfois mortelles, y compris dans le cas de maladies bénignes. Ces erreurs entraînent notamment une augmentation de la mortalité maternelle et infantile en cas de complications durant l’accouchement et la grossesse.

Le mouvement zapatiste se rebelle depuis 1994 – pour une vie meilleure, la dignité et la justice. Avec le système éducatif, la production alimentaire et l’administration, la santé fait partie des piliers de l’autonomie zapatiste :

Depuis plus de 30 ans, le mouvement zapatiste s’efforce de combler les lacunes en matière de santé grâce à son propre système de santé, qui fonctionne en grande partie indépendamment de l’État. Ses centres de santé fournissent des soins de base à ceux qui n’ont pas accès aux structures publiques ou qui y sont victimes de discrimination. Cette précarité ne touche pas uniquement les habitant:es des communautés zapatistes, raison pour laquelle ces structures sont ouvertes à toute la population régionale, qu’elle fasse ou non partie du mouvement zapatiste.

Cette ouverture correspond également à la manière dont les Zapatistes conçoivent la propriété collective et en tant que telle, représente leur vision de la société qui se reflète dans leur nouvelle proposition politique du « commun » (El Común) : Les Zapatistes définissent désormais des parties de leur territoire comme une entité collective, comme non-propriété et par conséquent, comme territoire communal libre qu’il faut protéger contre la destruction et doit exclusivement servir à la population locale.

Une clinique dans la forêt tropicale

Afin de renforcer leur autonomie et d’améliorer la prise en charge médicale de la population, les communautés zapatistes ont commencé à construire leur propre clinique au cœur de la forêt tropicale : celle-ci proposera des services de gynécologie, un laboratoire d’analyses et des soins dentaires. Cette clinique a pour objectif d’améliorer l’accès aux soins pour toutes celles et tous ceux qui, dans l’État du Chiapas, pour des raisons racistes ou autres, n’ont pas accès au système de santé public. La clinique étant considérée comme un projet communautaire, les Zapatistes ont même réussi à impliquer dans sa construction des communautés qui ne font pas partie du mouvement.

Ainsi, alors qu’un sentiment d’impuissance et de paralysie se répand un peu partout face à l’état du monde, cette clinique montre que la résistance peut être concrète et aller au-delà d’un simple espoir abstrait. Elle rend envisageable la construction d’une infrastructure de soins fondée sur l’autodétermination et la collectivité : autodétermination, car chaque personne peut décider par elle-même de ce qui lui convient le mieux ; et collectivité, car elle repose sur une responsabilité partagée.

medico aide à construire et à équiper la clinique – y compris en termes d’appareils médicaux et de médicaments. Nous soutenons également la formation de promoteurs et promotrices de la santé ainsi que du personnel soignant dans les domaines de la médecine générale, de la santé sexuelle et reproductive, de la santé dentaire, des analyses de laboratoire et de la médecine traditionnelle. Alors que le contexte mondial actuel nous confronte dans plusieurs régions du monde à un sentiment d’impuissance et de paralysie, l’autonomie zapatiste nous apporte bien plus qu’un espoir abstrait.


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