Cher ###USER_name###,
Dans notre dernière newsletter, nous parlions de ces monstres laissés en liberté : violences, guerres et génocides qui font rage. À présent, quelle attitude adopter, par où commencer face à ces forces déchaînées ?
Dans un monde qui s’éloigne de plus en plus de la diplomatie et se dirige vers le réarmement, une logique de guerre et le nationalisme, nous nous efforçons de garder pied – tout en cherchant plus loin. Dans notre communiqué intitulé « Pas en notre nom – s’affranchir de l’idéologie de guerre », nous appelons à une nouvelle vision internationaliste qui unisse les voix contre cette idéologie, fut-elle réduite au silence. Cet appel n’est que le début – restez donc à l’écoute.
S'accrocher est aussi une pratique. Et nous sommes nombreux à le faire. À l’instar des Zapatistes, qui construisent un hôpital pour tous au Chiapas et y bâtissent une infrastructure sanitaire contre vents et marées. Alors qu’un sentiment d’impuissance et de paralysie se répand aux quatre coins du monde face à la situation actuelle, cette clinique démontre que la résistance peut être bien plus qu’un vague espoir. Elle permet d’envisager un système de soins basé sur l’autodétermination et la collectivité.
Dans de nombreuses régions du monde, ces initiatives ne sont pas possibles, ce qui pousse les gens à chercher un refuge et une vie digne ailleurs. Le périple d’environ 80 000 personnes qui ont tenté de rejoindre la ville espagnole de Ceuta depuis le nord du Maroc à la recherche d’une vie meilleure, parmi lesquelles beaucoup ont perdu la vie et n’ont récolté que violence et arrogance côté européen, illustre cette dure réalité. Alors que cette journée a une nouvelle fois été instrumentalisée au service de politiques racistes et anti-immigration, Valeria Hänsel a dénoncé l’attitude de l’Europe. Chaque jour, de nouvelles atrocités se produisent, mais nous ne devons pas pour autant oublier les horreurs qui se poursuivent à Gaza, et qui occupent désormais de moins en moins le devant de la scène médiatique. « Une guerre qui n’a jamais pris fin » : Riad Othman revient sur les trois dernières années à Gaza et en Cisjordanie.
Afin de pouvoir voir plus loin, nous devons prendre du recul, puis tourner notre regard vers l’avenir. La philosophe allemande Eva von Redecker tente d’expliquer l’essor mondial de l’autoritarisme. Selon elle, le cœur du nouveau fascisme réside dans une revendication effrénée de propriété dont la défense ne recule devant rien. Dans une interview, elle explique que « les interlocuteurs ne sont pas des personnes, mais des choses » et que « les ennemis ne sont pas des adversaires, mais des voleurs ». » Je pose une question similaire dans mon article « Un spectre a rodé » dans lequel je prends les révolutions de 2011 comme point de départ pour réinterpréter la rupture actuelle comme une contre-révolution et envisager la possibilité de pousser la réflexion au-delà des catégories absolues de la défaite.
Courage et solidarité,
Radwa Khaled Ibrahim
Rédactrice en chef de la Newsletter internationale